Paris-Brest-Paris

PARIS-BREST-PARIS – RAPPORT

Complètement hors normes.
1237 km, plus de 11000 mètres de dénivelé positif, 68 km de liaisons à vélo entre notre lieu de couchage et le vélodrome de St Quentin, plus de 6000 participants, plus de 60 nationalités, malheureusement plusieurs blessés, souvent écroulés par la fatigue, des centaines de bénévoles adorables, aux points de contrôles ou plantés au milieu de nul part jour et nuit, sous le soleil ou au cœur de la brume, la population sur le bord de la route d’un soutient inimaginable et d’un nombre impressionnant, leur stand sur le pas de leur porte offrant eau café thé ou soupe chaude et le mot encourageant, le nombre incalculable d’enfants nous claquant dans la main au passage (une tradition), leurs sourires et cris de soutient euphoriques nous mettant la larme à l’œil (littéralement) dans les moments douloureux, le soutient des amis et la famille par petits textos que l’on voyait lors des pauses fantomatiques…
La liste est longue, impossible à mettre dans un ordre particulier.
Les jours ne sont plus des jours mais des tranches horaires découpées en points de contrôles et la nuit se calcule en température plus qu’en temps horaire, savoir à quel moment il fera trop froid et la fatigue trop dangereuse pour s’obliger à essayer de dormir une heure ou deux dans un sas de banque à même le sol dans un village de campagne.

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Il y a eu des rencontres formidables, avec d’anciens rouleurs, des gars expérimentés d’une gentillesse hallucinante et d’un niveau incroyable, des machines de guerre.
On a fait un paquet d’erreurs, on a bien roulé mais perdu beaucoup trop de temps dans les points de contrôles et une gestion de novice des temps de sommeil sur une épreuve aussi longue. On aurait largement pu passer en dessous des 80 heures avec exactement les mêmes temps de repos, d’ailleurs en tout on a du dormir 7 heures, et encore je sais pas trop, on ne dort jamais vraiment profondément.
On a eu beaucoup de chance avec la météo, juste pour le folklore, la fin sous la pluie pour la vallée de Chevreuse et ses « bump » assassins, ses camions de livraisons qui donnent l’impression qu’un missile sol/air t’arrive droit dessus alors que tu ne sais même plus comment tu fais pour tenir en équilibre sur le vélo.

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Avec mon partenaire de route, Brian, avec qui j’ai réalisé la série complète des BRM, nous avons roulé en duo quasiment tout le parcours, évitant les pelotons mais se tirant la bourre avec un Espagnol, des Français, un Canadien, au hasard des rencontres formant ainsi un petit groupe de 3 à 6 coureurs travaillant bien ensemble, roulant droit sans vaciller comme certaines âmes en peine, prenant les bons relais sans rechigner. Il y a évidemment eu ces petits arapèdes qui se collent à ta roue voyant que tu mènes bon train mais qui jamais ne passent devant, ceux là, on a su les esquiver sans détour.
Brian a été d’un courage atomique en pédalant d’une jambe sur la dernière tranche, sa tendinite le faisant souffrir le martyr; mais comment abandonner à quelques centaines de kilomètres du but après tout ces sacrifices ? Et puis nous étions inscrits en autonomie complète, pas d’assistance autorisée, pas de voiture suiveuse, pas de voiture balais prévue par l’organisation, un abandon c’est autant une galère que la douleur alors que faire… Lui seul sait ce qu’il s’est passé dans sa tête mais j’ai vu et je peux témoigner de son mental d’acier sans jamais pleurnicher.

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En dehors de quelques « routes à camions » inévitables, le tracé ultra exigeant, pour lequel il faut impérativement être bien préparé et bien équipé, était splendide, beaucoup d’images restes gravées, associées à autant d’anecdotes…
Je dois vraiment remercier ma compagne, ma famille et les amis pour leur soutient, vraiment, ça fait chaud au cœur car je vous assure que par moment on en menait vraiment pas large.
Puis on pensait à eux qui partageait cette aventure de loin et croyait en nous, ça nous remotivait, ça participait au réveil du corps, ce corps qui tu sais pas pourquoi, se rallume d’un coup et te surprend à des regains hallucinants alors que tu as plus de 700 km dans les pattes…
Egalement une pensée pour Marc, ce vétéran formidable avec qui nous avons partagé un moment unique, une leçon de vie, un homme à la sagesse juste et un cycliste solide comme un roc.

Pas de crevaisons, pas de pépins mécaniques, pas de chutes.
Dans quatre ans on remet ça.

Retrouvez les compositions graphiques réalisées en l’honneur de la randonnée ici

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2 Responses to “PARIS-BREST-PARIS – RAPPORT”

    • manivelle

      Merci Yann ! Ça me touche vraiment venant d’un « aventurier » de ta trempe !
      Je pense d’ailleurs que ça te plairait beaucoup ce genre d’épreuve, l’ambiance, les coureurs, tous ces profils de cyclistes… dans tes récits j’y retrouve régulièrement de sacrées similitudes.

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